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le 8 mars 2019AGRIBASHING, FOODBASHING … LES FILIÈRES FOURBISSENT LEURS ARGUMENTS

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Didier Guillaume, Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation intervenait en ouverture du Débat Les controverses organisé traditionnellement la veille de l’ouverture du Salon de l’Agriculture par le groupe de Presse Réussir Agra.

Son cheval de bataille : mettre fin à l’agribashing. « Mais attention, a-t-il prévenu, il faut tout mettre sur la table : l’agribashing ne vient pas que des ONG, les prix bas ne viennent pas que de la GMS et l’appel de la qualité n’est pas que l’apanage des consommateurs ».

Il a appelé les professionnels de l’agriculture et de l’alimentation à être proactifs et à avancer dans la transition écologique, économique et sociale. « 84% des Français ont une bonne opinion de l’agriculture. Les activistes font beaucoup de bruits, mais représentent moins que ce que l’on ne pense ». Le Ministre a invité l’agriculture à mieux mettre en avant ses atouts et à moins laver son linge sale aux yeux de tous : « Il faut que les bobos parisiens comprennent que s’ils peuvent partir en week-end et manger de bons produits à la campagne, c’est parce qu’il y a encore en France des agriculteurs et des filières ».

Il oppose au lundi sans viande, le fait que « plein de gens aimeraient bien manger de la viande au moins une fois dans la semaine ». « Non au style de vie hygiéniste imposé », a-t-il ajouté. « Le véganisme ne doit pas m’empêcher de déguster un bonne côtelette ». Confiant sur la capacité exportatrice de la France : « En 2018, La France a exporté +1,3 Md€ de plus par rapport à 2017, notamment en Algérie, Arabie Saoudite et au Qatar en 2018, par rapport à 2017 », il a néanmoins souligné que la France perdait des parts de marchés en Europe, en ajoutant « On doit s’attaquer à la question du dumping social, fiscal, et celle des travailleurs détachés : sur les marchés à Strasbourg, les salades allemandes coûtent moins cher que les françaises. Ce n’est pas normal ».

La séquence sur le bien-être animal (BEA) a fait débattre Bruno Dufayet, Président de la FNB et Ghislain Zuccolo (Welfarm). L’occasion pour l’éleveur d’enfoncer le clou sur des idées reçues : « Non, il n’y a pas 10 ans que l’on s’occupe du BEA. C’est même un des fondements du métier. Profit et BEA vont de pair.  Sur l’abattage de proximité, nous sommes favorables à abattre des animaux en France et d’exporter non pas des animaux, mais des carcasses. Sur l’aliment, rappelons que les herbivores mangent de l’herbe : 80% de la ration, c’est de l’herbe !  On ne peut pas se servir de modèles de production vus ailleurs pour dénigrer le modèle herbager ici. Quant à l’intensification en France, les cheptels sont souvent de 50 vaches, … pour 100 000 têtes ailleurs et sur moins de surface que nous avons pour élever nos 50 animaux. Sur la vidéosurveillance, les vidéos tournées en abattoirs et reprises en boucle par les médias sont le fait de petits abattoirs. Les outils industriels maîtrisent beaucoup mieux le BEA. En l’occurrence, la FNB appelle à fermer les abattoirs qui travaillent mal »…des messages auxquels Culture Viande souscrit.

 

La séquence sur la qualité de l’alimentation opposait Christiane Lambert (Fnsea) à Jacques Creyssel (Fcd). Le représentant de la grande distribution a confirmé la demande croissante exprimée par les consommateurs pour des produits de qualité : les produits sous label AB représentent la moitié de la croissance du chiffre d’affaires dans nos magasins. Le panier moyen augmente de 1,5 à 2% / an : les Français sont prêts à acheter de la qualité, même si 30% des clients font leurs courses à l‘euro près. Ils veulent à la fois un accès à des produits de qualité et à prix accessible. 56% des Français considère qu’il n’y a pas de raison de payer plus cher. Or, plus on vendra de la qualité, plus on aura la possibilité de dégager de la valeur supplémentaire. Christiane Lambert a tordu le cou à l’idée que les produits français ne seraient pas de qualité : « il y a 1700 produits sous signes de qualité en France. Et si la demande augmente plus vite que le nombre de conversion en bio, c’est parce que les agriculteurs ont besoin d’être mieux rémunérés » : « Plus vert, c’est plus cher ! ». « Sur les prix payés aux producteurs, s’il y a eu quelques avancées suite aux EGA dans le lait, elles concernent des volumes réduits : ça ne résout pas le problème de la spirale des prix bas. Quand je vois l’annonce sur l’achat d’animaux issus d’abattoirs à vidéosurveillance, nous, nous demandons des caméras dans les box de négociation ! Nous sommes pris en otage. Les pratiques et les engagements doivent être respectés et punis. Vous détruisez l’économie ! ».

Les autres séquences : Environnement, avec Eric Thiroin (Fnsea) et François Veillerette (Générations Futures), ou Compétitivité de la Ferme France, avec Jacques Rouchaussé (Légumes de France) et le député Jean-Baptiste Moreau ont été, à l’image des autres séquences, animées et de grande qualité.

 

Extrait de L’ACTU, la lettre hebdo de Culture Viande n°9 du 1er/03/19

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