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le 20 juillet 2020Animalisme : un combat « TECH »contre… « NATURE », né dans la Silicon Valley

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Le combat mené par les animalistes a pris une nouvelle dimension1. Depuis plus de dix ans déjà, les stars de la net economy américaine ont endossé un combat animaliste révélateur d’angoisses existentielles. Pour Sergey Brin, cofondateur de Google, il faut « éviter la mort de millions d’animaux » grâce à la viande de labo.

En France, les « digital entrepreneurs » Jacques-Antoine Granjon, Xavier Niel et Marc Simoncini ont lancé le 2 juillet, avec une vingtaine d’associations, un projet de référendum d’initiative partagée (RIP) « en faveur de la cause animale » (cf notre LETTRE n°28). Pour eux, il faut finir avec ce que Brigitte Gothière (L214) qui pilote l’opération, appelle « un système qui crée du malheur partout ». Derrière la générosité et la sensibilité apparente du propos, se dessine une conception de l’homme désincarnée et un refus de sa condition de mortel. L’objectif est le même : abolir l’élevage.

Qui pourrait, à première vue, être en désaccord avec l’épiphanie animaliste vécue par Xavier Niel ? « Il y a quelques années, cette cause ne me touchait pas (…). Les vidéos de L214 ont servi de déclic. Je suis un être humain, je vis sur cette planète (…) Mes enfants m’ont aussi ouvert les yeux. L’insensibilité, c’est l’horreur », expliquait le patron d’Illiad lors de la conférence de presse pour le lancement de ce RIP qui vise à interdire « la chasse à courre, l’élevage d’animaux à fourrure, les spectacles avec des animaux sauvages, les expérimentations sur les animaux lorsque c’est possible, ainsi que la fin des élevages en cage et intensifs ». Avant d’applaudir à cette idée, il convient quand même de s’interroger sur ses implications.

Les patrons de la tech française se lancent donc dans le mouvement du refus de la mort des animaux. « Pourquoi cette peur de la mort ? ». Derrière la plupart des milliardaires de la Silicon Valley, qui sont convaincus que la tech peut tout changer dans le monde, il y a une volonté de désincarner l’homme, d’en faire un data center que l’on peut nourrir de molécules », analyse Frédéric Denhez2, écologue, auteur du récent ouvrage « La Cause vegan, un nouvel intégrisme ? ».

« C’est un sentiment de toute-puissance qui entre en collision avec le dégoût de la réalité, celle d’être un homme, mortel. La meilleure façon de couper l’homme de sa nature, ou du moins d’en avoir l’impression, c’est de le couper de ce qui le rattache à la vie, à la mort, à la souffrance. Donc, de l’animal. » Pour lui, ces hommes puissants de la tech « sont devenus incapables de supporter l’idée même de cette souffrance qui pourtant, est inhérente à la nature. « Cette idéologie vise à couper l’homme de lui-même. L’animal est devenu un totem, autour duquel on tourne. Il est devenu l’objet de la mauvaise conscience, un objet de projections d’angoisses, qui cristallise la peur de la mort. Avant, il y avait l’alcool, le cul, le jeu pour oublier. Aujourd’hui, il y a la cause animale. On ne veut plus voir les animaux qui nous rappellent notre finitude ».

Si nous sommes les égaux de l’animal, comme on le prétend lorsqu’on est animaliste, on doit accepter notre animalité, la mort, la souffrance qui court le long de la chaîne alimentaire ; on doit accepter d’être un prédateur, un carnivore.

Au lieu de cela, on considère l’animal comme un sujet de réalité virtuelle, que la tech de la Silicon Valley pourrait fort bien remplacer avec des images de synthèse. »

 

(1) Extraits d’un article d’Emmanuelle Ducros, journaliste à L’OPINION largement relayé 3 juillet 2020 par l’UGPVB.

(2) A lire également : « Les consommateurs voient dans la viande in vitro une façon « morale » de régler leurs contradictions ». Journal L’OPINION, 13 novembre 2019.

 

Photo : fredericdenehez.fr

 

Extrait de L’ACTU, la lettre hebdomadaire de Culture Viande n°29 du 20 juillet 2020.

 

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