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le 23 janvier 2018COLLOQUE «ANIMAL ?» A LA SORBONNE : LE PROJET POLITIQUE DE LA CONDITION ANIMALE SE MUSCLE

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Le colloque organisé par France Culture ce samedi 12 janvier sur le thème « Animal ? » dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne a réuni près de 1000 personnes. Voici un extrait de 3 des tables rondes qui faisaient le point sur la condition animale, un sujet en pleine maturation : de technique à éthique, il est aujourd’hui en passe de s’imposer comme un sujet parmi d’autres dans les domaines éthique et politique :

– dans la table ronde : « HISTOIRE : depuis quand défend-on les animaux » (53min), l’historien Michel Pastoureau (photo) ouvrait un nouveau pan de l’Histoire : « les sciences humaines font désormais une place aux règnes animal et végétal … inimaginable il y a peine 50 ans ». Eric Baratay, agrégé et docteur, au sujet de l’explosion des biographies animales, analyse que l’anthropomorphisation de l’histoire ert moins à connaître l’animal qu’à reconnaître le statut l’animal : un statut nouveau, et en devenir ;

– la séquence « PHILOSOPHIE : les animaux sont-ils des humains comme les autres ? » (59min) a été l’occasion pour Alain Prochiantz, normalien et professeur de neurobiologie au Collège de France de rappeler que : « Les hommes sont des animaux certes, mais les animaux ne sont pas des hommes : à la différence des animaux, les hommes contrôlent leur animalité ». Pour Corine Pelluchon, agrégée, normalienne, auteure du Manifeste animaliste : politiser la cause animale, 2017, la cause animale est la cause de l’humanité : «Lutter contre la maltraitance animale, c’est prendre la mesure des dysfonctionnements d’une société fondée sur l’exploitation et désirer promouvoir plus de justice. La question est aujourd’hui celle du vivre ensemble et de cohabiter avec les autres êtres vivants. Nous pouvons être humanistes tout en étant animalistes ». L’écrivaine Joy Sorman (photo), (Comme une bête, 2012 Prix de l’Académie de la viande), a défendu le double sentiment qu’expriment les éleveurs : ils aiment l’animalité en élevant les animaux, ils aiment aussi l’humanité en la nourrissant : « On peut aimer les animaux ET les manger ».

– dans la table ronde « ECONOMIE : prolétariat animal, de l’exploitation à la libération ? » (59min), Laurence Parisot, ex Présidente du Medef, a appelé l’assistance à une mobilisation auprès des politiques : – pour que les chevaux ne soient plus conduits à l’abattoir et que la consommation de viande de cheval soit interdite, – et pour faire évoluer le statut de l’animal : « Comment passer de l’esclavagisme des animaux d’élevage vers une solution du type salariat, non pas jusqu’à verser une rémunération pour un travail effectué, mais c’est le sens. Le Marxisme a développé l’exploitation de l’homme par l’homme. Il est temps de se poser aujourd’hui la question du sens de l’exploitation de l’animal par l’homme. A ce titre je profite de cette tribune pour dire tout à fait solennellement combien je salue L214 qui fait un travail formidable pour dire ce qui se passe dans les abattoirs ».

Pour Culture Viande, si les enseignements d’une telle journée sont nombreux, pour synthétiser le propos, la question de la souffrance animale à l’abattoir se pose une nouvelle fois à la filière avec de plus en plus d’acuité. Au rang de question fondamentale, et à la manière de la pyramide Maslow, de la réponse (ou non-réponse) à cette question découle des comportements, des émotions, une prise de conscience, voir l’adhésion à une philosophie de vie, et peut déboucher sur un engagement politique. En définitive, l’ensemble des intervenants de cette journée sont positionnables à un des étages de la pyramide. Pour leur couper l’herbe sous le pied, la filière devra inévitablement répondre clairement à cette question de base : «Est-on sûr que les animaux ne souffrent pas ? ».

 

 

Extrait de l’ACTU, la Lettre hebdomadaire de Culture Viande n°3 du 19 janvier 2018

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