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le 21 septembre 2019CONJONCTURE ECONOMIQUE DE LA FILIERE BOVINE : TOUS LES VOYANTS SONT AU ROUGE

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Culture Viande tenait une conférence de presse ce 17 septembre, à quelques jours de son Assemblée générale afin de décrypter les éléments de conjoncture économique. Concernant la filière bovine, le secteur de l’abattage-découpe a connu un résultat historiquement bas en 2018 (0,3% de résultat courant avant impôt, selon le rapport de l’Observatoire des prix et des marges 2019). Depuis le début de l’année 2019, les difficultés économiques se poursuivent avec des facteurs d’explication multiples :

– premier d’entre eux : la baisse des achats par les ménage de viande « brute », qui n’est en rien compensée par la stabilité des produits élaborés. L’équilibre économique entre les morceaux avant et arrière est rompu. La revalorisation des élaborés est une des conditions sine qua non de la viabilité économique de l’activité ; or, depuis le début de l’année le déséquilibre s’aggrave : la consommation de viande brute à domicile a baissé de 2% en viande bovine, celle des produits élaborés est tout juste stable, avec une évolution de -0,9% (dont +1.1% pour la viande hachée fraiche pure bœuf et -3.9% viande hachée surgelée). En juillet de cette année, pour la première fois de l’histoire, le panel Kantar fait apparaitre que les ménages ont consommé plus de produits élaborés que de viande en morceaux. Cette mutation amplifie le déséquilibre économique subit par les entreprises : elle implique de produire ces produits élaborés avec toujours plus de morceaux à forte valeur (de plus en plus de morceaux de l’arrière de la carcasse, ou issus de races à viande). L’équilibre carcasse est ainsi de plus en plus difficile à trouver. La perte de professionnalisme dans les rayons de la distribution provoque une augmentation des ventes en catégoriel et UVCI : l’étude « Où va le bœuf ? » montre que les achats des distributeurs vont toujours vers plus de catégoriel (26% en 2011, 28% en 2014, 31% en 2017) et vers plus d’UVCI, c’est-à-dire de vente d’une seule pièce (8% en 2014, 10% en 2017). Cette perte de professionnalisme en rayon est également à l’origine de la forte baisse des consommations de viande de veau (-4%) et d’agneau (-6.4%). Ces viandes, moins présentes dans les intentions des consommateurs, subissent le plus fortement de l’absence de bouchers pour les promouvoir. Cette baisse de consommation de certains muscles, et le déséquilibre induit par les difficultés à revaloriser suffisamment les produits élaborés, ont conduit les entreprises à diminuer leurs abattages à partir du mois de mars et jusqu’au printemps.

– autre facteur aggravant fortement la situation économique des entreprises : la dépréciation des cuirs et peaux se poursuit et pèse lourdement sur la rentabilité des entreprises : avec une baisse de -35€ à -55€ environ par cuir, le manque à gagner pour la filière est de plusieurs millions d’euros par semaine. Si on estime la perte moyenne à -40€ par cuir, la revalorisation nécessaire pour équilibrer cette seule baisse des cuirs est estimée à au moins 10cts d’euros par kilo carcasse ;

– une concurrence toujours plus forte sur la viande hachée, au niveau européen ; certains de nos principaux concurrents ont vu leur volume d’abattage largement augmenter, depuis le début de l’année. C’est notamment le cas de l’Irlande, dont les opérateurs anticipent les effets du Brexit. Ces viandes sont très présentes sur le marché européen et l’écart de prix entre la France et ses concurrents est devenu rédhibitoire. Depuis le début de l’année, les importations vers la France se sont donc largement développées : +3%. On notera notamment la forte progression des importations en provenance d’Irlande (+12%) Cette concurrence se fait sentir sur les réseaux de distribution moins sensibles aux questions d’origine, principalement la restauration. Or, la consommation s’oriente de plus en plus vers ce circuit. Il est donc crucial pour la filière française de mobiliser le segment de la restauration sur la question de l’origine France de la viande.

La revalorisation des produits notamment élaborés pour retrouver un équilibre économique, le professionnalisme des acteurs pour promouvoir la consommation de viande et la mobilisation de la RHD pour mettre en avant la viande française, autant de sujets que porte Culture Viande de longue date et qui restent pleinement d’actualité.

 

Extrait de L’ACTU, la lettre hebdo de Culture Viande n°38 du 20/09/19

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