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le 9 février 2018FAIRE L’OBJET DE CONTROVERSES, C’EST AUSSI ÊTRE RECONNU ACTEUR DE LA SOCIÉTÉ

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Le secteur des viandes est traversé de débats et controverses complexes dans lesquelles cohabitent des questions biologiques, techniques, sociales, économiques et éthiques. Le colloque organisé par les Agro-toulousains ce 2 février en partenariat avec Interbev et Interbev Occitanie réunissait plusieurs parties de la controverse. Bruno Dufayet, Président de la FNB, a fait valoir que les éleveurs (de bovins allaitants) ont entendu les nouvelles attentes sociétales, en annonçant que le constat partagé tient en cette maxime que la FNB fait désormais sienne : « Manger moins de viande, mais mieux ». Arnaud Gauffier, responsable de la branche Alimentation et Agriculture de WWF se félicitant de cette déclaration publique, expliquait que le travail commun, quelles que soient les controverses, permet d’avancer et de dépasser les tensions : ainsi, au Salon de l’Agriculture 2017, Interbev et 4 ONG de protection de l’environnement (France Nature Environnement, Fondation Nicolas Hulot, Green Cross et WWF) présentaient une première publication commune « Élevage bovin allaitant français et climat », issue d’une démarche de concertation engagée en 2014 ; sont exposés les principaux points d’accord entre les « deux parties », ainsi que les points de débat et pistes de travail en commun sur l’élevage bovin allaitant français en matière d’impacts environnementaux.

Pour François Purseigle, sociologue, « qui dit controverses sur l’alimentation dit désir d’alimentation ». L’entrée en controverse marque surtout la véritable entrée en société de l’alimentation. Toutes les professions autrefois écoutées sont controversées : médecins, chercheurs, magistrats, journalistes, … être sujet à controverses, c’est en réalité être dans la modernité et être acteur du monde contemporain. A l’ère des débats sociétaux, les détenteurs de savoirs « experts » sont dorénavant invités à se montrer à l’écoute des savoirs « non-experts » – ou savoirs profanes.

Le premier travail de détricotage des controverses passe par la compréhension des raisonnements de la partie adverse, ainsi que du sens des réalités sociétales qui entourent les processus technologiques. La société attend aujourd’hui que les professionnels soient à l’écoute et en position de répondre et d’expliquer.

Les techniques de gestion des controverses sont connues :
– d’abord travailler sur la chronologie de la controverse et son évolution ;
– ensuite identifier les zones d’ombres, les zones d’incertitudes ;
– enfin, identifier la façon se nouent les interactions avec les acteurs qui disposent de savoirs profanes dont il faut prendre acte qu’ils sont désormais tout aussi légitimes que les détenteurs de savoirs professionnels.
« Certes, cela bouscule. Appréhender la gestion des controverses, c’est accepter qu’il y ait d’autres « savoirs » dans la société : c’est aussi ça, faire société » précise François Purseigle.

Pour Julie Ryschawy Enseignante-chercheur en Agroécologie à l’INP-ENSAT et co-auteure de l’Atlas de l’élevage herbivore en France, il est illusoire de penser que la controverse fait avancer les débats : « Chaque partie y défend des positions bien arrêtées. Je crois beaucoup plus à la co-construction de solutions d’avenir avec les différentes parties prenantes. »

Céline Imart, Sciences Po-Essec, Vice-présidente du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA), alerte l’auditoire: « Il ne faut pas confondre les ONG et la société civile : bien souvent, les associations ne représentent qu’elles-mêmes et misent sur la surenchère en jouant sur les peurs pour attirer l’attention. Elles campent sur des positions fermées. Mieux vaut consacrer son énergie à développer le débat avec des associations plus en lien avec les réalités, ouvertes au dialogue et avec lesquelles on peut progresser et faire entendre que nous prenons en compte les attentes sociétales. Il est vrai que ceci reste très aléatoire et dépend du caractère de la personne que l’on a en face comme interlocuteur. Ainsi, il peut être agréable de discuter avec certaines personnes de FNE, et impossible avec d’autres personnes de la même association. Le dialogue permanent avec les représentants de la société civile reste la base d’une démarche sociétale et d’une posture ouverte ».

 

Extrait de l’ACTU, la Lettre hebdomadaire de Culture Viande n° 6 du 16 février 2018

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