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le 8 juin 2019La compétitivité des filières françaises de produits animaux en berne (Inra)

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Dans le cadre d’un séminaire sur les résultats des recherches destinés à « Comprendre et renforcer les compétitivités agricoles, agroalimentaires et forestières », le Centre d’Études et de Prospective (CEP) du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation (MAA) présentait ce 28 mai les résultats de l’étude COMPANI : « Compétitivité des filières animales françaises ». Ce projet de recherche (*) piloté par l’UMR SMART-LERECO de l’INRA, et financé par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, a été conduit entre la mi-2017 et la fin 2018.

Le résultat est globalement préoccupant puisque depuis le début des années 2000, les produits d’origine animale français ont vu leurs parts de marché à l’international se réduire fortement, passant de 9 % des exportations mondiales en 2000 à 5 % en 2016.

Au sein du marché́ de l’Union européenne, la France a également vu sa position se dégrader. A l’inverse certains États membres de l’UE ont connu des trajectoires opposées comme l’Allemagne ou la Pologne.

L’étude vise notamment à quantifier les différents facteurs explicatifs de cette perte de compétitivité et plus particulièrement à hiérarchiser l’effet « coût du travail », souvent mis en avant, par rapport à d’autres facteurs. L’analyse des données confirme l’existence de différentiels significatifs entre les pays de l’UE ; celui-ci est globalement plus élevé́ en France que chez ses principaux concurrents (Allemagne, Espagne, Italie, Pologne). Même si l’étude relativise l’effet du coût du travail à l’échelle de l’agro-alimentaire dans sa globalité, elle reconnait tout de même si « la France avait les mêmes coûts salariaux que l’Allemagne [] les industries de la viande de boucherie et de la préparation de produits à base de viandes seraient les premiers bénéficiaires ». Cette conclusion rejoint le travail mené de longue date par le Collectif contre le dumping social, dont Culture Viande est membre fondateur. Pour les entreprises françaises de viande fortement, utilisatrices de main d’œuvre, le différentiel de coût du travail est un facteur majeur de perte de compétitivité par rapport à leurs concurrents européens.

Autre raison du décrochage de la France sur le marché́ européen : une baisse des parts de marché liée à une offre de produits animaux exportés moins adaptée aux nouvelles demandes des partenaires européens (ex. produits à base de viande). Ces changements s’expliquent à la fois par la hausse de la production dans chacun des autres pays européens partenaires, et par la modification des régimes alimentaires des consommateurs de ces nations.

Pour les produits issus des élevages bovins, l’étude pointe que la France exporte en premier lieu des animaux vivants alors que la demande mondiale la plus dynamique concerne la viande. Ceci a pour effet de freiner l’érosion des parts de marché de la France pour ces produits.

Point majeur retenu par Culture Viande : l’étude des marges brutes par entreprise montre que, pour préserver leur compétitivité/prix, dans un contexte d’essoufflement des gains de productivité, les industries des productions animales ont réduit leurs marges. Cette compression des marges pénalise leur capacité à renouveler leur capital de production et à innover.

(*) Consulter la note de synthèse ici.

 

Extrait de L’ACTU, la lettre hebdo de Culture Viande n°23 du 7/06/19

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