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le 22 octobre 2018LA DG TRESOR ANALYSE LES RAISONS DU MANQUE DE COMPETITIVITE DES IAA FRANCAISES

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Dans une note diffusée cette semaine, la Direction Générale du Trésor s’interroge sur les raisons de la réduction de l’excédent commercial agricole et agro-alimentaire : la France connaît en effet un recul marqué de ses parts de marché à l’export dans le secteur agricole et agro-alimentaire depuis 15 ans.

Cela est notamment marquant au regard des autres pays européens qui ont mieux résisté, en particulier l’Allemagne. Ce recul résulte surtout d’un déficit de compétitivité, qui expliquerait plus de 70 % de la réduction du solde, et, dans une moindre mesure, d’un positionnement moins favorable sur les marchés porteurs.

La note pointe différentes raisons à ce déficit de compétitivité et notamment le coût du travail dans l’industrie agro-alimentaire qui est plus élevé et qui a augmenté plus vite en France que chez ses principaux concurrents européens depuis les années 2000.

Le coût horaire français dans les industries agro-alimentaires s’est accru de 58 % entre 2000 et 2017, contre une hausse de 34 % en Allemagne. Rappelons sur ce point que le Collectif contre le Dumping Sociale en Europe que préside Culture Viande reste pleinement mobilisé, notamment pour établir la réalité des coûts globaux de main d’oeuvre dans les entreprises d’abattage-découpe dans différents pays européens. Les premiers résultats de cette étude démontrent que, malgré les avancées sur le sujet du travail détaché, les différences de coûts sont majeures et toujours défavorables à la compétitivité française.

Une autre raison avancée concerne le niveau de la fiscalité en France. Si, de façon générale, le niveau des impôts sur la production est plus élevé en France que dans le reste de l’Europe (3,1 % du PIB en 2016 contre 1,6 % en moyenne en Union européenne, 0,4 % en Allemagne, 0,9 % aux Pays-Bas et 1,0 % en Espagne), la situation est encore plus défavorable dans l’agroalimentaire, secteur qui subit le taux d’imposition le deuxième plus élevé en part de valeur ajoutée parmi les branches productives françaises.

La DG Trésor explique cette fiscalité plus importante par le nombre de taxes affectant spécifiquement les produits agro-alimentaires français. Un constat intéressant, alors qu’est actuellement discutée la loi de finance pour 2019, loi qui prévoyait la suppression du tarif réduit de la taxe intérieure de consommation (TICPE) sur le gazole non routier. Or ce carburant est particulièrement utilisé par les IAA dans les groupes froids des camions frigorifiques.

L’article prévoyant cette taxation déguisée a été refusée en 1ère lecture, au motif qu’il n’y avait pas eu de concertation ; souhaitons qu’il ne sera pas représenté lors des prochains débats. S’il fallait trouver un motif, le constat de la DG Trésor sur le niveau de taxation des produits agro-alimentaires français en est un parfaitement pertinent.

 

Extrait de L’ACTU, la Lettre hebdomadaire de Culture Viande n°42 du 19/10/2018

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