Dans la partie de ping-pong engagée cette semaine entre les ONG anti-viandes et la filière élevage & viande, ce qu’il y a à retenir tient en quelques éléments :

– alors que le think tank Terra Nova invite à une transition alimentaire en réduisant de moitié la consommation de protéines animales, il faut rappeler que les protéines végétales et animales ne sont pas totalement substituables l’une à l’autre. L’efficience nutritionnelle des produits végétaux est bien inférieure à celle des viandes en termes de quantité de protéines, de qualité d’acides aminés et d’indice de digestibilité (indice DIAAS – Digestible Indispensable Amino Acid Score). Les animaux valorisent des produits végétaux que les hommes ne peuvent pas consommer (fourrage ou co-produits). Ecrire que « l’on mobilise aujourd’hui environ 5 kg de protéines végétales pour produire 1 kg de protéines animales » n’a pas beaucoup de sens si l’on ne tient pas compte des protéines non consommables par l’homme. Il ne peut digérer l’herbe des prairies et s’il consomme l’huile du colza, le tourteau, co-produit qui induit par la production d’huile, n’est pas destiné à la consommation humaine. Une chose est claire : la planète ne serait pas assez grande pour fournir l’apport protéique à ses 9 milliards d’habitants à horizon 2050 s’il fallait se contenter de protéines végétales. A cela, il faut ajouter que pour les Français, la question semble entendue : 93% d’entre eux pensent que consommer et cuisiner de la viande fait partie de notre culture, 88% déclarent que la viande participe à un bon équilibre alimentaire et 96% se considèrent comme omnivores (Etude Ipsos-Interbev juillet 2017).

– sur l’environnement, si l’élevage herbivore contribue à hauteur de 9% des émissions de gaz à effet de serre nationales selon Citepa2, il reste le seul secteur capable de stocker du carbone dans les sols de ses prairies, compensant ainsi une partie de ses émissions. Enfin, une vache n’absorbe pas toute l’eau de pluie qui tombe sur la totalité des pâturages ; ainsi « la quantité d’eau pour produire 1 kg de viande bovine en France » se situe aux alentours de 50 litres d’eau… et non pas le chiffre aberrant de 13 000 litres figurant dans le rapport.
En plus de fournir un aliment indispensable à l’homme, sans doute faut-il rappeler que si des vaches se trouvent à tel endroit, c’est parce que le terrain était peu constructible et que l’élevage permet de valoriser des zones difficilement labourables : aucune concurrence avec l’alimentation humaine ne se joue ici.

La préservation de l’environnement, la protection animale et la qualité des produits constituent des attentes de la société, le message a été entendu par la filière. Les actions engagées à chaque maillon de la filière – notamment les bonnes pratiques d’élevage et d’abattage – s’inscrivent dans une démarche progrès. Les anti-viandes l’entendront-ils ? A l’évidence non. Et les Français ? compte-tenu de leur attachement à la viande cela ne fait pas de doute pour la filière. Pour Culture Viande cela impliquera de multiplier les preuves et de faire acte de pédagogie. Notons tout de même que les articles lus dans la presse sont souvent plus royalistes que le rapport Terra Nova lui-même. La question du dialogue à engager avec le think tank est donc ouverte.

 

 

Extrait de L’ACTU, la Lettre hebdomadaire de Culture Viande n°47 du 27/11/2017

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