Le premier plan Ecoantibio 2012-2017 mis en place par les autorités françaises s’achève sur un résultat remarquable. Les objectifs suivis dans ce cadre ont été dépassés :

– alors que le tonnage d’antibiotiques vendus en France était de 1311 tonnes en 1999, il était de 910 tonnes en 2011, année de référence pour le plan écoantibio et de 530 tonnes en 2016, soit une réduction de 41.8% par rapport à 2011 (et 59,6% par rapport à 1999). L’exposition globale des animaux aux antibiotiques a diminué de 36,6% sur les 5 dernières années, dépassant largement l’objectif ministériel fixé à 25% de baisse. A noter les 41,8% de baisse de la filière porcine et les 24,3 % de baisse de la filière bovine ;

– l’objectif de baisse d’usage des céphalosporines de 3ème et 4ème génération et des Fluoroquinolones (qui sont considérés comme des antibiotiques de dernier recours à réserver pour usage humain) dans les filières animales avait été fixé à 25 % sur 3 ans à compter de 2013. Là encore, le message est bien passé avec une réussite très largement au-delà des attentes : une baisse de 81.3% (81,6 % pour les bovins et 85,1 % pour les porcs) pour les céphalosporines et de 74.9% pour les fluoroquinolones (82,6% pour les bovins et 72,7 %
pour les porcs) ;

– par rapport à 2014-2015, l’exposition à la colistine a également baissé de 40.3% en 2016 (43.4% pour les bovins et 51.6% pour les porcs).

En complément, le réseau Resapath qui collecte les données issues des prélèvements cliniques d’origine animale en France a collecté plus de 53 000 antibiogrammes en 2016 (versus 41 298 en 2015) à partir du réseau des 74 laboratoires participants. Cette forte augmentation est à mettre en relation avec l’obligation désormais règlementaire en médecine vétérinaire de procéder à un antibiogramme avant médication antibiotique. Pour les céphalosporines, la proportion de résistance se situe, selon les espèces, entre 5 et 7%. Ces données font apparaitre une baisse marquée de l’antibiorésistance chez les veaux. La proportion de souches résistantes reste globalement (toutes espèces confondues) plus élevée pour les fluoroquinolones que pour les céphalosporines.

On peut noter une stabilisation chez le porc autour de 10% de résistance. Pour la colistine, la surveillance sur 10 ans montre une situation maitrisée avec une augmentation des souches sensibles. Pour les antibiotiques non critiques, Résapath constate une tendance globale à la baisse ou à la stabilisation de l’antibiorésistance.

Sur 2011-2016 la proportion de souches multirésistantes est en diminution significative dans toutes les espèces. Ces résultats montrent explicitement les effets dus aux changements de pratiques vétérinaires.

Les professionnels français peuvent être fiers de ce premier bilan qui démontre l’efficacité des mesures prises contre l’antibiorésistance. Cela doit aussi les encourager dans la poursuite de leurs actions dans le plan Ecoantibio 2017-2021.

Grâce à ces efforts, la France se situe désormais au 12ème rang européen, mieux placée que d’autres pays gros producteurs comme l’Allemagne mais surtout l’Espagne (2ème plus gros consommateur européen). La France se situe ainsi au-dessous de la moyenne européenne, en termes de consommation des antibiotiques vétérinaires.

 

Extrait de L’ACTU, la Lettre hebdomadaire de Culture Viande n°46 du 17/11/2017

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