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le 5 juillet 2019MERCOSUR/CANADA : LA FILIÈRE ALERTE SUR LES CONSÉQUENCES DES ACCORDS

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La signature le 28 juin dernier du traité commercial entre l’Union Européenne et les pays membres du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) a fait vivement réagir les filières d’élevage. L’institut de l’élevage a proposé une analyse des conséquences économiques potentielles . Interbev, l’interprofession du bétail et des viandes, a décrypté le vrai du faux de cet accord ainsi que celui avec le Canada (CETA) dont la ratification sera proposée à l’Assemblée nationale avant le17 juillet prochain. L’accord avec les pays du Mercosur concerne 99 000 T de viande bovine, le CETA 67950 T. Ces quotas font craindre à terme, l’arrivée massive de pièces à griller qui viendrait menacer un segment de marché européen de 400.000 T. Ces accords représentent donc un risque à hauteur de 40% du marché́ le plus rémunérateur pour les éleveurs et les opérateurs européens.

Interbev pointe également que si les accords prévoient que la viande importée respecte les normes européennes, que les contrôles soient fiables et que la viande de bœuf soit garantie sans hormones, d’autres risques ne sont pas écartés : l’utilisation de farines animales dans l’alimentation des animaux, l’utilisation d’antibiotiques administrés comme activateurs de croissance, la présence de produits OGM et de pesticides (plus de 200 substances autorisées au Brésil)…autant de pratiques interdites en France.

À cela, il faut ajouter que le Canada et le Mercosur se contentent d’un système de traçabilité par lot en sortie des exploitations, alors que les viandes bovines françaises et européennes font l’objet d’une traçabilité́ individuelle obligatoire, depuis le lieu de naissance de l’animal jusqu’au lieu de transformation de la viande. La France compte en moyenne 60 vaches par exploitation… Un modèle familial qui n’a rien à voir avec les troupeaux de 30 à 50 000 têtes que comptent les feedlots de ces pays exportateurs, bien loin des standards de production français qui répondent aux exigences des consommateurs et aux ambitions de la Politique Agricole Commune sur les questions environnementales et sur la protection animale.

Une comparaison de nos prix à la production avec ces pays montre que nous ne sommes pas sur la même planète (Schéma ci-contre, source Idele*) : en moyenne sur 2018, les prix à la production des mâles finis pratiqués aux Brésil (2,12 €/kgéc) et en Argentine (2,17 €/kgéc) étaient inférieurs de plus de 40% par rapport aux prix du JB R3 européen (3,75 €/kgéc).

L’accès des animaux à l’alimentation, à l’eau, aux soins, la surface minimale par animal … sont autant de prérogatives qui ne font l’objet d’aucune obligation réglementaire dans les pays du Mercosur.

Dans son communiqué de Presse diffusé ce 4 juillet, Interbev condamne fermement ces accords : « A l’heure où l’ensemble des éleveurs français connait des graves difficultés économiques et où les attentes sociétales tendent à̀ aller vers une consommation responsable et durable, faut-il continuer d’accepter de tels accords et permettre l’arrivée massive de ces viandes importées ? ».

L’institut de l’élevage conclut quant à lui s’agissant de la filière bovine : « Un tel poids des viandes de pays tiers dans la fourniture de pièces nobles qui constituent le pilier de la valorisation des viandes de races à viande européenne est bien entendu un danger majeur, d’autant plus que ces viandes se retrouveront très majoritairement dans le circuit en expansion de la RHD, où l’étiquetage d’origine n’est pas obligatoire dans l’UE. »

Pour en savoir plus : ici.

 

Extrait de L’ACTU, la lettre hebdo de Culture Viande n°27 du 5/07/19

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