L’observatoire de la formation des prix et des marges rendait ce mardi 19 juin son rapport annuel 2017. Comme dans les 6 éditions précédentes, l’édition 2018 montre que l’aval des filières joue le rôle d’amortisseur entre des prix très instables au niveau des productions agricoles et des prix très stables au niveau des consommateurs.

Force est de constater que l’amortisseur a joué à plein et peut-être au-delà du raisonnable dans la filière bovine en 2017. Ainsi à l’achat, l’indicateur national des prix moyens pondérés des gros bovins entrée abattoir a progressé de +3,2% en 2017, par rapport au niveau de 2016 (FranceAgriMer). Au niveau des consommateurs, le prix moyen en GMS du panier saisonnier de viande de boeuf suivi par l’observatoire progresse de moins de 1%. L’univers des steaks hachés connait la même stabilité. Entre les deux, l’observatoire pointe que les prix « sortie de l’industrie » baissent de -1,3% toutes viandes bovines confondues, ce qui indique que les industriels n’ont pas pu répercuter la hausse du coût des matières premières vers leurs clients. Cet effet de ciseaux se traduit immédiatement et de manière très forte sur les résultats du maillon abattage-découpe.

Le commentaire de l’observatoire concernant l’indicateur trimestriel de gestion de l’abattage découpe en filière bovine (établit par FranceAgriMer) est sans appel : « La marge brute s’érode. Ainsi, malgré la stabilité des charges au kilogramme de carcasse traité, le résultat des entreprises baisse fortement : il passe de 10 centimes par kilogramme de carcasse en 2016 (3 premiers trimestres) à 3 centimes par kilogramme de carcasse en 2017 (même période). Le résultat courant avant impôt passe de 1,8 % du chiffre d’affaires en 2016 (9 mois) à 0,6 % en 2017 (9 mois). ». Le suivi dans le temps indique qu’un niveau aussi bas n’était pas advenu depuis 2012.

Pour la filière porcine, la situation est un peu moins défavorable. Si les prix d’achat aux éleveurs ont aussi progressé en 2017 (+6% par rapport à 2016), les prix des découpes sortie industrie ont pu s’ajuster et affichent une progression de +8,6%. Mais si l’indicateur trimestriel de gestion de l’abattage-découpe en filière porcine est stable, il est toujours aussi faible, puisque le résultat courant avant impôt passe de 1,3 % du chiffre d’affaires en 2016 (9 mois) à 1,2 % en 2017 (9 mois). La situation financière des entreprises de viande porcine se dégrade donc également.

Pour Culture Viande, cette situation traduit de manière concrète la nécessité pour les entreprises françaises des viandes d’avoir la possibilité d’ajuster leurs tarifs très régulièrement. Les coûts de production de nos produits, même s’ils sont dits élaborés (viande hachée et charcuterie par exemple) sont étroitement liés aux prix des carcasses de viande, puisqu’ils sont quasi-exclusivement composés de viande, dont les prix évoluent continuellement. S’enfermer dans une logique de prix annuel est donc intenable.

 

Extrait de la L’ACTU, la Lettre hebdomadaire de Culture Viande n°25 du 22/06/2018

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