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le 30 mars 2018FIEVRE PORCINE AFRICAINE : GARE AUX RESTES DE PIQUE-NIQUE !

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Alerte rouge. Anne Bronner, chef du bureau santé animale de la Direction générale de l’alimentation (DGAL) est intervenue le week-end dernier sur les ondes de radio autoroute (Radio Sanef, Société des autoroutes du nord et de l’est de la France) afin d’appeler les automobilistes à « ne pas jeter de reste de charcuteries ou de viandes issus des dix pays européens (*), où la fièvre porcine africaine circule, sur les bords de route ».

Le virus étant résistant à la transformation agroalimentaire, il peut réinfecter les sangliers amateurs de déchets le long des voies de circulation.

En Allemagne, une vaste campagne d’information est développée en radio depuis septembre. Le virus menace le pays, premier exportateur européen de viande porcine. La situation inquiète car, même si ce virus est inoffensif pour l’homme, il entraîne la mort des animaux malades en l’espace de deux à dix jours. Faute de vaccin, il peut détruire des cheptels entiers comme ce fut le cas en Espagne dans les années 1960. En Allemagne, c’est donc le branle-bas de combat pour éviter que ce virus n’entre dans les élevages de porcs.

« Les conséquences économiques et sociales seraient inimaginables. Aucun porc ne pourrait être exporté dans des pays tiers, en dehors de l’Union européenne », s’est alarmé Werner Schwarz, président de l’Union des agriculteurs allemands (DBV).

« Cela entraînerait une baisse dramatique du prix de la viande de porc et pour nos éleveurs, cela engendrerait des pertes de 2 à 3 milliards d’euros par an ». La filière porcine allemande emploie 120 000 personnes (LaCroix, 19/01/18).

« La priorité est la prévention », selon Christian Schmidt, ministre allemand de l’agriculture. Concrètement, cela signifie réduire la population de sangliers, en hausse constante outre Rhin. L’an dernier, les chasseurs ont abattu 610 000 bêtes.

La prévention passe également par les voyageurs qui, sans le savoir, peuvent propager le virus via leurs vêtements, les pneus de leur véhicule et même l’alimentation. Le risque est tel que le gouvernement fédéral a lancé une vaste campagne d’information, en six langues, sur les autoroutes, les parkings et auprès des restaurateurs, dans dix de ses seize Länder. Le but est d’inciter routiers, transfrontaliers et touristes à jeter les restes de leurs pique-niques dans les poubelles.

Au-delà de ses mesures de sensibilisations, certains pays européens proposent des mesures beaucoup plus radicales. Ainsi le Danemark et la Pologne envisagent d’ériger une barrière frontalière, tandis que la République tchèque a déjà érigé une barrière sur un périmétrique de 45 km de long autour d’une région spécifique touchée par la peste porcine africaine.

Pour Culture Viande, empêcher la propagation de la maladie est un enjeu économique et sanitaire crucial pour la filière porcine européenne. Si toutes ces mesures vont dans le bon sens, il faudrait aussi avancer vers une stratégie globale et partagée au niveau de l’Union.

(*) Biélorussie, Estonie, Lituanie, Lettonie, Moldavie, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Russie, Ukraine.

 

Extrait de L’ACTU, la Lettre hebdomadaire de Culture Viande n° 13, du 30 mars  2018

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