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La filière porcine française se meurt : est-elle condamnée ?

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Crise de la filière porcine en France :

La filière porcine française se meurt : est-elle condamnée ?

Depuis trop longtemps, tout le monde y va de ses explications pour dépeindre une filière qui se désagrège.

Plus précisément, chacun met en avant ses remèdes pour sauver sa peau avec le résultat que l’on sait : deux maillons amont (la production et l’abattage-découpe) sont en grand péril tandis que l’aval (la charcuterie-salaison et la distribution) ne parle que de prix toujours plus bas, engagé qu’il est dans une folle guerre des prix alimentée par un contexte européen en sur-offre et par là-même déflationniste.

Dans le détail :

  • La production, soutenue par les Pouvoirs Publics, et avec l’aide d’un règlement du M.P.B. (Marché du Porc Breton) suranné, obtient les prix les plus élevés d’Europe, sans trop se soucier du devenir des abattoirs.
  • Le maillon abattage-découpe, hors intégration d’aval, voit ses rangs s’éclaircir pour cause de forts déséquilibres matière et travail à perte… car les chiffres sont têtus.
  • Le secteur charcuterie-salaison considère que les viandes européennes sont meilleures que les viandes françaises (elles sont en réalité moins chères) car sans contrainte d’origine (sauf interventions des éleveurs sur les routes et en magasins).
  • La distribution, qui se retrouve en première ligne face aux débordements des producteurs (les actions hors la loi doivent cesser et être sanctionnées), n’a pas encore renoncé à sa politique de guerre des prix (prix d’appel / comparateurs de prix / appels d’offres / déréférencements…) et des marges (notamment sur la charcuterie LS).
Soit un contexte explosif dans lequel l’Interprofession, les Pouvoirs Publics et les Politiques ne remplissent pas leur rôle.

Il était alors inévitable que la « bombe explosa » et cela par le simple retrait du Marché du Porc Breton des deux premiers abatteurs qui dénoncent une cotation politique totalement décalée du prix de marché européen et tout ce que cela induit en conséquences pour le maillon abattage-découpe: un désastre économique mortel pour la filière.


Grand défenseur du secteur industriel porcin et de ses milliers de salariés, le SNIV-SNCP n’a cependant pas fait le choix de se saborder et aujourd’hui encore, il fera le maximum pour sauver ce qui peut l’être. Mais la voie est étroite et il faudra que tout le monde s’y mette. Ainsi :

  • La remise en ordre de la filière porcine passe par le respect des familles, l’application des lois, l’harmonisation des règles françaises avec celles en vigueur chez nos voisins et concurrents, la neutralité politique… les sujets du dumping social, de l’harmonisation des normes environnementales, des règles de production, ne sont à ce jour pas réglés. Il y a urgence à trouver les bonnes réformes structurelles plutôt qu’à imposer un prix politique… obligatoirement éphémère !
  • La filière porc ne pourra fonctionner que si les équilibres perdus entre ses 4 composantes sont restaurés. A ce niveau, l’Autorité de la Concurrence doit sans délai s’interroger sur les manipulations de cours qui perdurent depuis plus de 2 mois et sur les formes d’intégrations verticales qui déstabilisent totalement les maillons industriels abattage-découpe et transformation.
  • La production, dont la technicité et le savoir-faire sont remarquables, devra reconnaître que nous sommes passés de la pénurie à la sur-offre et que c’est la demande qui prévaut ainsi que la qualité.

Il faut donc sortir du carcan du Marché du Porc Breton et, à minima, remettre à plat son règlement qui ne vise qu’à obtenir les cours les plus élevés d’Europe sans autre considération pour les abattoirs qui en meurent. Peut-on imaginer une filière sans outil d’abattage ?

Vaste, très vaste chantier à traiter malheureusement dans l’urgence,
mais l’issue de la filière porcine est certaine si chacun se dérobe.

 

   Contacts : Thierry Meyer – 06 87 81 63 48 // Paul Rouche – 06 60 15 30 42

logo SNIVSNCPLe SNIV-SNCP regroupe les entreprises industrielles françaises, grandes et petites, du secteur de la viande bovine, ovine et porcine. Il exerce la mission de représentant et de porte-parole de ces industries et intervient comme force de propositions. Les chiffres clés du SNIV-SNCP : • 80 adhérents, 150 établissements industriels. 35.000 salariés •11 milliards d’euros de CA • 3 millions de tonnes de viande bovine, porcine et ovine 94% des abattages français de porcs, 65 % des abattages français de gros bovins, 80 % de la production nationale de viande hachée, 97 % des exportations françaises de viande bovine et porcine fraîches et congelées.

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