Le syndicat des entreprises françaises des viandes

le 22 juillet 2015#Crisedelaviande : conjoncturelle, structurelle…et multifactorielle !

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Voilà une crise dont on peut dire que personne n’a voulu la voir venir. Le SNIV-SNCP alerte pourtant sur la situation depuis plusieurs années. Le constat a été maintes fois dressé d’un déficit de réformes structurelles de notre modèle, sous l’ancien gouvernement comme avec l’actuel. Rien n’y fait : ni les barricades, ni les incantations pour des augmentations miraculeuses des prix. Et la recherche de bouc-émissaires n’arrangera rien. Chacun doit balayer devant sa porte. La solidarité des entreprises d’abattage-découpe avec les éleveurs est totale. Comment pourrait-il en être autrement : il ne peut y avoir des entreprises de viandes en France sans éleveurs ! Or les entreprises d’abattage-découpe traversent aussi la plus grave crise de leur histoire : moins d’animaux, moins de consommateurs, moins de prix …au-delà des entreprises importantes comme GAD et AIM qui ont déposé leur bilan en 2014, toutes les entreprises du secteur sont confrontées à une équation complexe dont la majorité des facteurs relève de la concurrence européenne et mondiale. Nous n’échapperons pas à la question de notre compétitivité.

La situation économique n’a jamais été à ce point tendue. Si tous les efforts sont faits pour augmenter les prix payés aux éleveurs, la valorisation se heurte à la pression économique et la lutte entre enseignes pour être toujours moins cher. Ainsi, si nos clients les distributeurs disent leur engagement à revaloriser le prix de certains morceaux, en même temps, ils continuent la guerre du prix bas sur des produits de grande consommation. Sans compter que l’augmentation annoncée du prix d’achat est lissée par une baisse des volumes achetés. Sur l’origine, les rayons présentent encore beaucoup de charcuteries préparées par les groupes salaisonniers avec des pièces de découpe importées, pour le jambon notamment… l’appel au renforcement d’une orientation stratégique pour l’économie et l’emploi, tournée vers l’origine « France » a été fortement claironné durant tous ces derniers mois… pour peu d’effet.

La situation est plus que grave, et cela, dans un contexte généralisé de demande affaiblie, tant sur le marché intérieur, où la consommation subit les effets de la crise économique, qu’à l’export où les viandes françaises ne sont pas compétitives :
– qu’on le veuille ou non, et malgré ce qu’en disent les médias, depuis 10 ans, les Français mangent chaque année moins de viande. Certes, ils en consomment encore pratiquement tous, mais beaucoup moins : ils portent leurs choix sur des portions plus petites… ce qui devrait nous interpeller sur l’adéquation offre-demande. Autre point : les Français mangent autant de viandes provenant de races laitières que de races allaitantes ;
– à cela, s’ajoute la question du prix : la différence avec les pays concurrents se fait dès la sortie de la ferme : les animaux Français sont parmi les plus chers d’Europe et donc du monde…Prix des Gros Bovins difficile dans ces conditions de prétendre jouer un rôle dans la croissance de la demande mondiale… alors même que des marchés historiques se ferment (Russie, Italie, Grèce). Les allemands, les espagnols y arrivent pourtant. Comment ? Notamment en ayant massivement recours au dumping social : des contrats de prestations de services détournent la règlementation européenne en employant des travailleurs intérimaires ressortissants des pays de l’Europe de l’Est en les rémunérant à des conditions salariales de misère… encore un sujet où nous ne pourrons lutter, tant que le droit social européen ne sera pas harmonisé

Enfin, c’est peu dire que la LME (Loi de Modernisation de l’Economie) aura accéléré une désindustrialisation rampante en France. La spirale du prix bas dans laquelle toutes les enseignes se sont engagées au nom du pouvoir d’achat, a conduit les consommateurs à s’équiper en Chine, à s’habiller en Inde et à se nourrir à l’américaine : les Français sont devenus les seconds consommateurs de pizzas au monde derrière les américains. Pour le SNIV-SNCP, après le temps des déclarations et des manifestations doit venir celui de la (re)construction : le modèle d’aujourd’hui, on le voit, ne permettra pas de vivre demain.

 

Extrait de L’ACTU, la Lettre hebdomadaire du SNIV-SNCP n° 30 – Semaine 30, diffusée  le 22 juillet 2015

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