Le syndicat des entreprises françaises des viandes

le 8 octobre 2015Le Sniv-Sncp devient CULTURE VIANDE

Accueil » Actualités » Le Sniv-Sncp devient CULTURE VIANDE

A l’occasion de son Assemblée générale du 6 octobre 2015,

le « Sniv-Sncp » devient « Culture Viande »

 

 

 – Rapport d’Orientation –

présenté au nom du Conseil d’administration

par M. Jean-Paul Bigard, Président

 

« Cette année encore, vous avez répondu nombreux à notre invitation et je vois dans votre présence le besoin et la volonté d’affronter de façon collective les difficultés rencontrées par nos entreprises. Même si nous restons concurrents, même si la concertation a ses limites -certaines de ces limites étant, je le rappelle, imposées par la loi- l’individualisme ne saurait être un comportement adapté lorsqu’il s’agit de reconstruire les cadres d’organisation de nos marchés.

Pour évoquer ces sujets, je tiens tout particulièrement à saluer la présence des représentants de l’industrie danoise, espagnole et américaine et les remercier très chaleureusement. Leurs témoignages, même s’ils ne sont pas transposables en l’état, viennent opportunément nous rappeler que nous n’évoluons plus sur un marché restreint et protégé. C’est aujourd’hui à l’échelle de la planète et sur un marché totalement ouvert qu’il faut évaluer notre capacité à rivaliser avec les autres grands pays producteurs de viande.

Je remercie également nos trois experts de FranceAgriMer, de l’Institut de l’Elevage et de l’UECBV pour l’engagement qu’ils ont eus dans leurs exposés sans s’affranchir de leur obligation d’objectivité. Là aussi, les informations nous sont précieuses pour réfléchir ensemble aux conditions de notre avenir.

Aujourd’hui, nos filières bovine et porcine sont malades, très malades, et c’est donc bien de notre avenir et de celui des éleveurs dont il est question. Nous sortons d’un épisode que je qualifierais de « particulier ». Je veux parler de celui des prix artificiels qui sont en fait des « prix politiques ». Inspirés par les distributeurs qui intègrent l’abattage-découpe dans le but de protéger leurs magasins des manifestations d’éleveurs, cette tactique n’a même pas eu l’effet escompté puisqu’il faut déplorer de nombreux incidents sur les parkings d’hypermarchés et jusque dans les rayons boucherie.

Dès le premier jour, Culture Viande a pris position contre cette vision court-termiste de la gestion de crise. Elle a mis les entreprises d’abattage-découpe de porcs en grande difficulté du fait de l’écart creusé avec les prix du marché européen. Comment faire fi de nos 500.000 tonnes d’exportation de viande porcine fraiche et congelée, c’est-à-dire ignorer le débouché de près du quart de notre production nationale ? Ces viandes sont devenues difficiles à vendre et ont perdu une grande partie de leur valeur en passant la porte de nos congélations. Et comment ignorer le terrible appel d’air créé pour les importations de pièces de découpe à destination de la charcuterie-salaison (400.000 tonnes déjà en 2014) ? Que d’erreurs de raisonnement et de repères économiques perdus dans cette tentative de blocage à 1,40 € du marché du porc breton ! Cette aventure ne pouvait se terminer que par un effondrement des prix…

La France est devenue une véritable « plaque tournante » européenne pour la viande porcine : gros volumes exportés mais aussi gros volumes importés. Face à un tsunami venu d’Espagne et d’Allemagne, il est évident que l’avenir de la filière française ne pourra pas se construire avec des digues de sable. Si le marché du porc breton a accompagné le développement de la filière porcine jusqu’au début des années 2000, il faut aujourd’hui revoir nos raisonnements à la lumière de deux grands changements :

  • l’offre devenue surabondante en Europe du fait du développement spectaculaire des filières espagnole et allemande ;
  • la nécessité d’obtenir en permanence un équilibre « offre/demande » pièce par pièce (jambon, longe…).

L’ajustement pièce par pièce -réalisé à un niveau de prix différent pour chacune d’entre-elles- permet ainsi de reconstituer le prix de la carcasse. Il en résulte qu’aujourd’hui le prix du porc ne peut plus être indexé sur une seule référence, celle de la carcasse, et que le pilotage est dirigé par l’aval, les producteurs ayant perdu la maîtrise qu’ils détenaient en période de rareté relative de l’offre (parfois organisée d’ailleurs…). Cet aval présente lui-même une grande diversité de modèles, depuis les entreprises entièrement dépendantes de l’offre et de la demande jusqu’à celles qui réalisent l’intégration industrielle au service d’une enseigne en passant par les coopératives. Là encore, face à cette problématique structurelle, comment peut-on imaginer que perdure le prix unique ?

Ajoutons à cela que la France a perdu le rôle de leader européens qu’elle partageait dans les années 90 avec les Pays-Bas et le Danemark et que le règlement du MPB est devenu un véritable carcan, et ne nous étonnons pas du chaos déclenché par l’instrumentalisation du prix cet été !

Mais revenons au fond. Depuis plusieurs années, la Commission européenne a décidé de livrer l’Europe agricole aux lois du marché libéral et de la mondialisation. La dérégulation est le fil conducteur des réformes successives de la politique agricole commune. Le secteur de la viande porcine a été le premier à y être confronté avec, depuis longtemps déjà, la fin de tout soutien de marché et notamment des restitutions à l’exportation. Puis ce fut le tour de la volaille entrainant une profonde restructuration de ce secteur, aujourd’hui le lait avec l’abandon des quotas ainsi que la viande bovine avec une réduction drastique des aides directes à l’activité d’engraissement.

Concrètement, le prix européen des productions animales est désormais la résultante de trois facteurs :

  • le niveau de production dans les 28 pays de l’Union ;
  • l’orientation de la demande qui concerne à la fois la consommation intérieure et les exportations vers les pays tiers ;
  • et enfin, le niveau de compétitivité-prix des pays concurrents, qu’ils pénètrent sur le marché européen ou qu’ils se retrouvent face à nous sur les grands marchés importateurs.

L’indexation sur les coûts de production n’est donc pas le modèle de formation des prix en vigueur, alors que les éleveurs sont contraints, il faut bien le dire, par le niveau d’accès à l’aliment du bétail. Rappelons que le coût alimentaire représente les deux tiers du coût de production de la viande de porc. La filière porcine est ainsi livrée à la spéculation (et à la volatilité qui en résulte) sur le prix des matières premières végétales et à l’opacité qui règne sur le marché de l’alimentation animale.

Ainsi, en 2015, tous les clignotants sont passés au rouge pour la filière porcine française :

  • La progression des abattages sur les 6 premiers mois de l’année dépassent pour l’ensemble de l’Union les + 4% avec un pic de près de 8% pour l’Espagne et les Pays-Bas !
  • La consommation de viande porcine continue de s’amenuiser, pour la France : moins 3,5% à fin septembre 2015, qui viennent s’ajouter à une érosion régulière de 1,5% par an depuis 5 ans.
  • Du côté du commerce extérieur, la perte du marché russe (750 000 tonnes par an pour l’ensemble des pays exportateurs de l’Union) coûte cher aux entreprises des viandes et à la filière toute entière. Le changement de destinations des pièces et co-produits destinés traditionnellement au marché russe a certes apporté des solutions, mais en partie seulement et, soulignons-le, au prix de sévères décotes et d’un gonflement significatif de nos stocks.

Notre appel à la Commission pour trouver un accord sur la peste porcine africaine avec la Fédération de Russie et éviter ces conséquences désastreuses sur l’équilibre du marché du porc en Europe n’a, plus de deux ans après, toujours pas été entendu. La Commission continue à minimiser les conséquences de cet embargo qui affaiblit nos filières animales et profite à nos concurrents, le Brésil notamment qui est désormais solidement installé sur le marché russe.

Tous les clignotants sont donc au rouge et même au rouge vif, et cette nouvelle crise porcine met aujourd’hui en grand péril deux grands maillons de notre filière : la production et l’abattage-découpe. La tentative de blocage du prix du marché au cadran s’est très rapidement avérée catastrophique pour l’économie de la filière attaquée de toute part par nos concurrents les plus proches, l’Espagne et bien sûr l’Allemagne. Soulignons quand même que l’intervention des responsables politiques n’a pas été, à ce moment, particulièrement judicieuse, le rapport du médiateur démontrant les limites, économique et juridique, d’un prix bloqué.

Pour mettre fin à ce véritable désastre économique qui mettait en danger de mort nos entreprises et toute la filière porcine française, les deux leaders de l’abattage porcin français ont eu le même réflexe de survie en annonçant le 10 août 2015, et sans se concerter, leur retrait du Marché du Porc Breton. Cette décision, soutenue par la plupart des abatteurs-découpeurs de porcs, a permis de dénoncer une cotation politique totalement décalée du prix du porc européen et un fonctionnement du Marché du Porc Breton suranné, inadapté et empêchant d’afficher la réalité d’un cours résultant d’une véritable confrontation de l’offre et de la demande.

Huit semaines après le tollé médiatique et politique dont ces deux entreprises sont quotidiennement la cible, que constate-t-on ?

D’un côté, les groupements de producteurs, responsables et conscients de la nécessité de préserver la pérennité de l’élevage français, ont eux-mêmes demandé à ceux qui en étaient à l’origine, de mettre fin à ces prix d’achat politiques. L’élevage et l’abattage ont pris conscience qu’ils étaient partenaires et avait destin lié. Transférer les pertes de l’un à l’autre n’a donc pas de sens.

De l’autre côté, toujours aucun signe tangible d’une volonté de réforme profonde du Marché du Porc Breton…

Dans cette crise porcine à la fois conjoncturelle et structurelle, nous demandons aux pouvoirs publics comme à la filière de changer de mode de réflexion. Repartir de la demande des consommateurs, construire des partenariats, mettre fin à la politique des prix toujours plus bas, créer de la valeur au bénéfice de l’amont et conforter le maillon abattage-découpe dans son rôle essentiel de valorisation de la production française, voilà les grandes lignes de notre programme.

Concrètement, nous attendons des pouvoirs publics et de l’interprofession Inaporc :

– premièrement, un soutien à la compétitivité des abattoirs par un allègement exceptionnel des charges sociales car rien n’est réglé de la question du dumping social en Europe ;  nous ne pourrons jamais lutter face à des abattoirs allemands et espagnols qui emploient du personnel à un coût inférieur de 40 à 50% à la France.

– de façon toute aussi importante, un engagement pour que l’origine de la viande soit clairement identifiée sur les produits transformés de charcuterie-salaison et les plats préparés.

– troisièmement, une ambitieuse campagne de communication pour relancer la consommation de viandes et produits de charcuterie portant le logo « Porc français ».

– quatrièmement, une remise au niveau de l’ensemble des autres pays européens de nos contraintes environnementales, techniques, sanitaires et administratives. Nous aspirons également à une application simple et pragmatique des normes et réglementations par les services de l’administration, « sans en rajouter », ainsi qu’une approche harmonisée entre les départements.

– et, enfin, un engagement de reprise des négociations avec la Fédération de Russie.

 

 

Venons-en maintenant à la question de la viande bovine. Même si cette question est complexe, une chose est sûre : le revenu annuel procuré par cette production reste en moyenne insuffisant pour les éleveurs spécialisés en viande bovine. A ce titre, au nom des entreprises françaises des viandes, je veux ce matin témoigner de notre solidarité avec le monde de l’élevage, déboussolé par l’évolution des politiques publiques européennes et trop peu considéré par le monde du végétal dont il constitue pourtant un débouché essentiel.

Peut-on pour autant faire le reproche des difficultés de l’élevage aux entreprises d’abattage-transformation qui, elles aussi, ont enchainé plusieurs années de mauvais résultats, non compensés par le rééquilibrage des derniers mois ?

Mais évoquons tout d’abord la situation du moment : la nouvelle crise sanitaire engendrée dans le secteur de l’élevage des ruminants par le dernier épisode de fièvre catarrhale ovine appelée également FCO. Même si le périmètre aujourd’hui concerné par des mesures de restriction s’étend rapidement, rappelons que cette affection reste une maladie d’élevage non transmissible à l’homme et que la consommation de viande ne présente aucun risque. Malgré cela, nous ne pouvons qu’exprimer notre soutien à l’égard des éleveurs qui voient, à juste titre, dans cette crise une nouvelle épreuve à surmonter. C’est pourquoi nous appelons les services vétérinaires de la DGAL au plus grand pragmatisme et à la vigilance s’agissant de nos possibilités d’exportation en vif et en viande vers des pays proches comme l’Italie ou un peu plus lointains comme la Turquie.

Cette crise de la « FCO », qui va priver le salon de Cournon qui s’ouvre demain de l’exposition de bovins vivants, arrive au plus mauvais moment : la filière bovine avait enfin quelque chose à célébrer, tous métiers réunis. Je veux parler du statut à risque négligeable d’ESB récemment recouvré par la France, événement permettant aux professionnels de la filière bovine française de tourner la page d’une crise commencée en 1996, il y a presque 20 ans ! Application d’une liste restreinte de MRS, suppression des tests sur les bovins nés après le 1er juillet 2002, ouverture de marchés jusqu’à présent sous embargo sanitaire : la liste est longue des conséquences effectives de cette décision.

Je veux aujourd’hui officiellement déclarer close la crise de l’ESB dont la filière bovine française est revenue au prix d’efforts très importants et d’investissements lourds. « Ce qui ne tue pas rend plus fort », voici une expression particulièrement appropriée à des professionnels de l’élevage bovin, de l’abattage-découpe, des abats, de la transformation et de la commercialisation dont la remise en cause et l’abnégation ont été totales pour se relever de cette épreuve. Chapeau bas !

Mais voilà qu’aujourd’hui, alors que nous avons à résoudre avec les éleveurs des problématiques non plus conjoncturelles mais des questions structurelles, le blocage de la discussion est tout aussi total !

Culture Viande penche pour une explication à ce blocage qui est à rechercher du côté de l’interprofession Interbev. Il semble en effet y avoir aujourd’hui une divergence d’objectifs, la production défendant l’idée d’une interprofession chargée de la « gouvernance économique » de la filière. Cette gouvernance comprendrait des dispositifs d’encadrement des prix, de gestion des contrats, d’orientations du commerce extérieur, d’organisation du marché et de sa segmentation, etc. Ce qui, mis bout à bout représente l’idée d’un secteur administré depuis un échelon national, ceci dans un monde ouvert où le libéralisme économique souffle en rafales.

Nous ne pouvons adhérer à un tel projet. Je le dis aujourd’hui clairement et simplement, sans agressivité, ni arrière-pensée, et je sais que mes collègues abatteurs-transformateurs, qu’ils soient coopératifs ou entreprises indépendantes comme moi, partagent ce point de vue.

Nous ne pouvons y adhérer parce qu’il est voué à l’échec et conduira la filière à sa ruine. A titre d’exemple, seuls les acteurs économiques peuvent concevoir le marketing des produits, compte tenu de leur stratégie propre ou en co-production avec un fournisseur ou un client. Ainsi ce n’est pas par son contenu que le cahier des charges de segmentation qualitative imaginé par la section bovine d’Interbev est contestable : oui, il faut trier les carcasses tant la mauvaise qualité côtoient la bonne et même la très bonne en provenance des élevages ; oui, il faut faire maturer la viande puisque les consommateurs perçoivent avant tout la tendreté de celle-ci. Mais que chacun fasse bien son métier. L’interprofession peut promouvoir des bonnes pratiques professionnelles mais elle doit s’arrêter là où commence la responsabilité des acteurs économiques : éleveurs, abatteurs, distributeurs.

Le même constat serait à faire sur la question de l’export, un dossier devenu électrique à Interbev. Ce n’est pas parce que la consommation mondiale de viande est prometteuse dans les années futures et que les marchés s’ouvrent, que la partie est gagnée. Encore faut-il que nous ayons à notre disposition, en quantité suffisante, chacun des produits demandés par chacun des marchés et, ceci, à un prix compétitif face à nos concurrents mondiaux. L’exportation, surtout vers les pays tiers est une affaire de spécialistes qui ne peut se gérer dans un forum et nous n’acceptons pas de leçons car nous sommes les seuls à avoir fait nos preuves dans ce domaine. Je rappellerai à cet égard que les adhérents de Culture Viande exportent en viandes de porc et de bœuf fraiches et congelées, 16% de leur chiffre d’affaires soit une valeur de plus de 1,5 milliard d’euros c’est-à-dire 94% des exportations nationales. Alors, pour trouver un compromis, et faire la preuve que nous sommes définitivement des « mordus » de l’exportation pays-tiers, (comme d’ailleurs nous sommes des mordus de tous les marchés qui bougent), nous avons accepté l’idée d’une structure collective sous forme de SAS. La SAS, c’est en quelque sorte le prolongement du CVBE, Club Viande Bovine Europe, créé par le SNIV il y a plus de 10 ans. De toute évidence, avoir raison trop tôt ne rapporte aucune gloire mais beaucoup de procès…

Mettons fin aux polémiques et retrouvons nous sur l’essentiel car c’est le seul moyen de restaurer les marges à tous les échelons de la filière, et donc d’améliorer durablement le revenu des éleveurs : la demande de viande bovine et, plus particulièrement de notre spécificité française des races à viande, doit être stimulée. Celle-ci concerne à la fois les exportations dont je viens de parler et la consommation intérieure. Nous devons mettre toutes nos forces dans cet objectif principal, voire unique, car la problématique de baisse, voire d’effondrement de la consommation devient préoccupante.

Nous voyons plusieurs actions concrètes à mettre en face de cet objectif :

  • tout d’abord, il faut retrouver du professionnalisme à tous les niveaux : livrer un bovin sale à l’abattoir, ce n’est pas professionnel, vendre une viande abattue de la veille, ce n’est pas professionnel, étiqueter « viande à griller » sur un morceau dur, ce n’est pas professionnel… Dans l’industrie de la viande, nous investissons énormément pour former des jeunes avant que le dernier ancien détenteur de savoir-faire soit parti, Hervé Gabaud en a parlé tout à l’heure. La distribution doit impérativement faire de même. Et le faire vraiment ! Pas seulement en parler à la télévision…

La disparition des bouchers dans les rayons des grands magasins est un drame pour la valorisation et les volumes de viande vendus. Comment vendre de la viande sans un boucher, voilà une question de bon sens !

  • nous demandons par ailleurs une stratégie de communication sérieusement revue. Nous venons de renouveler la cotisation d’Interbev, c’est le bon moment pour se reposer la question de l’emploi des budgets. Nous n’accepterons pas de reconduire les campagnes conduites jusqu’en 2015 : d’abord parce qu’elles dispersent l’argent sur beaucoup trop d’objectifs et ensuite parce que les choix créatifs, sont à notre sens, totalement décalés de notre objectif simplissime : redonner l’envie d’un bon morceau de viande. Enfin, il faudra bien un jour cesser de confondre un animal, produit effectivement vendu par les éleveurs, avec de la viande, produit vendu par la filière à différents degrés de transformation.

 

Ce rapport a été voulu très concret cette année, compte tenu des circonstances qui frappent les filières et avant tout les éleveurs.

Ma conclusion, c’est qu’il n’y a pas de fatalité à être malheureux en élevant des animaux ou en produisant de la viande. Mais attention ! Nos déboires et difficultés du moment, il ne faut pas chercher à en rejeter la faute sur les autres : ils sont le résultat de nos propres insuffisances. La journée sans viande, c’est comme la journée sans voiture à Paris. Ça nous agace mais ça reste une toute petite journée. Pour le reste, ne comptons que sur nous-mêmes.

Alors n’attendons plus rien de l’Europe et de la PAC démantelée un peu plus à chaque réforme, n’attendons plus rien de l’Etat-providence occupé à réduire son déficit. Soyons extrêmement rigoureux, rigoureux dans nos choix stratégiques individuels, dans nos décisions d’investissement, dans la gestion et dans la conduite de nos entreprises et de nos élevages. Soyons aussi, je le répète, plus professionnels car c’est la leçon à retenir de nos amis étrangers présents ce matin. Et soyons également solidaires en nous unissant chaque fois que c’est nécessaire. Pour défendre nos valeurs et promouvoir nos projets, l’union fait la force. Forts de cette conviction, nous ne pouvons que regretter l’absence de volonté de la FNICGV d’opérer un rapprochement. Mais ce constat ne nous empêche pas d’avancer avec tous ceux qui se tournent vers l’avenir. Et c’est pour marquer cette volonté que nous adoptons à partir d’aujourd’hui un nouveau nom : Culture Viande qui, je l’espère, vous séduira plus que l’ancien sigle. Nous sommes les entreprises françaises des viandes et nous défendons les valeurs de la viande et de ses métiers : longue vie à Culture Viande !

Je vous remercie de votre attention ».

 

Voir le film de présentation

17 place des Vins de France
75 012 Paris

01 53 02 40 04

01 43 47 31 41

courrier@cultureviande.fr

Besoin d'information ? Contactez-nous !