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le 13 avril 2017OBSERVATOIRE DES PRIX ET DES MARGES : UNE ALIMENTATION DE PLUS EN PLUS SOUMISE A LA TAXATION ET AUX IMPORTATIONS

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observatoireL’observatoire de la formation des prix et des marges a rendu son rapport 2017 ce 11 avril. Cette nouvelle édition ne réserve pas de surprise et, comme l’an passé, Philippe Chalmin, le président de l’observatoire, indique dans son avant-propos que « le seul véritable « gagnant » est tout simplement le consommateur qui a bénéficié d’une certaine stabilité de prix de plusieurs familles de produits ».

  • La rentabilité de l’industrie de la viande reste faible

Concernant spécifiquement le maillon abattage-découpe, les résultats apparaissent finalement très liés à la conjoncture globale des filières. La filière porcine connait actuellement une situation plus favorable, principalement du fait de la forte demande chinoise. Cela se traduit dans les résultats moyens des entreprises d’abattage-découpe estimés dans le rapport de l’observatoire comme étant faibles mais positifs (RCAI* de 1,2% du chiffre d’affaires sur les 9 premiers mois 2016). Sur les 6 années d’étude, c’est la première fois que ce résultat n’est pas négatif ou nul ! La filière bovine est marquée par une conjoncture moins favorable, confrontée à un afflux d’offre et une baisse de consommation. Dans ce contexte, le résultat moyen des entreprises d’abattage-découpe est stable (RCAI* de 1,6% du chiffre d’affaires sur les 9 premiers mois 2016). Ces résultats démontrent, s’il le fallait encore, la faiblesse de la rentabilité des entreprises françaises des viandes.

  • La décomposition de la dépense alimentaire est éclairante

Le rapport de l’observatoire apporte aussi un éclairage macro-économique sur la répartition de la dépense alimentaire (tous produits confondus) du consommateur entre les différentes branches de l’économie. Par facilité peut-être, les commentateurs retiennent uniquement que la part de valeur ajoutée créée par l’agriculture est de 6,2%. Pour répondre à la demande des consommateurs, l’alimentation est de plus en plus élaborée, prête à consommer, etc… Il est donc assez logique que la valeur ajoutée soit créée majoritairement en aval. Mais l’analyse de cette étude nous offre d’autres éléments. Sur les 4 ans de cette étude, la part agricole n’a cessé de diminuer passant de 6,89% en 2010 à 6,23% en 2013. Au profit de qui ? Des industriels ? Non, la part de valeur ajoutée créée par les industries agro-alimentaires est restée stable passant de 11,76% en 2010 à 11,69% en 2013. Au profit des distributeurs alors ? Pas plus : la part de valeur ajoutée créée par le commerce a diminué, passant de 13,38% en 2010 à 12,35% en 2013. Les seuls postes qui ont évolué positivement sur la période sont les importations (23,52% en 2010 à 25,77% en 2013) et les taxes (8,78% en 2010 à 9,51% en 2013). A l’aune de cette étude, l’alimentation des français apparait donc comme de plus en plus importée et taxée.

Pour Culture Viande, ce constat est sans appel, la filière alimentaire française doit se concentrer sur la reconquête du consommateur. Plutôt que de se disputer pour savoir qui « accapare » la valeur ajoutée de l’autre, l’urgence est de retrouver de la compétitivité, même sur notre marché intérieur, et redonner aux consommateurs le plaisir de déguster les produits de nos filières françaises. Sans cela, celles-ci continueront à voir leur part de valeur-ajoutée se dégrader.

* RCAI : résultat courant avant impôt

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