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le 15 mars 2016ORIGINE DES VIANDES : BONNE MAITRISE DE L’ÉTIQUETAGE EN ATELIER DE DÉCOUPE

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Par un communiqué du 3 mars dernier, Martine Pinville en charge du Secrétariat d’Etat au Commerce, à l’Artisanat, à la Consommation et à l’Economie Sociale et Solidaire rappelle l’importance de l’étiquetage et de la traçabilité des viandes pour une information loyale des consommateurs. Elle se félicite également du renforcement des contrôles sur 2015 de la DGCCRF qui ont permis de se concentrer sur le respect des règles d’étiquetage de l’origine des viandes de boucherie et de volaille dans 2474 établissements. Le communiqué fait état de «1134 avertissements, soit 28% d’anomalies et 3% de fraudes». De quoi inquiéter les citoyens sur la qualité de l’information transmise et les professionnels de la viande sur leurs procédures d’informations. Culture Viande s’est procuré le rapport de la DGCCRF en question. En fait, sur les 3147 contrôles effectués, 2118 ont porté sur le secteur de la distribution (bouchers et GMS), soit plus des 2/3 des contrôles. 35% des bouchers contrôlés et 19 % des GMS contrôlées n’affichent pas correctement les mentions obligatoires d’origine :

–       chez les bouchers, sont principalement cités : « la clarté et lisibilité de l’affichage de l’origine de la viande bovine, le manque de remise à jour des informations lors de la rotation des viandes, l’omission de l’affichage de l’origine du veau » ;

–       en GMS, les anomalies concernent plutôt les établissements possédant un double rayon (libre-service et traditionnel), ce qui occasionne des erreurs de comptabilité entre les 2 rayons ou liées au nouveau règlement qui a rendu obligatoire l’étiquetage de l’origine des viandes de porc, ovin, caprin et volaille préemballées à compter du 1er avril 2015. Des retards de modification des balances étiqueteuses ont occasionné quelques manquements à ces nouvelles exigences.

Pour les ateliers de découpe, si un tiers a fait l’objet d’un avertissement (un taux assez classique pour les contrôles de la DGCCRF pour lesquels les « points à surveiller » et les « non-conformités » sont regroupés sous le terme d’anomalies), seulement 3% ont fait l’objet d’une mesure administrative (dont 1,5 % d’un procès-verbal). La seule information disponible sur ce secteur pointe un manque d’étiquetage de «l’origine des hampes et onglets», morceaux que certains professionnels assimilent à des abats, alors qu’ils sont bel et bien également concernés par l’étiquetage de l’origine des viandes bovines.

Culture Viande salue le travail des contrôleurs des fraudes et sa contribution à l’amélioration du respect de la règlementation… sauf qu’à jouer l’impact médiatique, ce communiqué ne dit rien de la qualité de la filière viande française en matière d’étiquetage. A noter qu’un récent rapport de l’OAV (Office européen Alimentaire et Vétérinaire) sur l’étiquetage des viandes en France n’a identifié aucune anomalie. Sorti de son contexte, comment comprendre le chiffre des 1134 avertissements notifiés aux professionnels sur 2474 établissements contrôlés ? Pourquoi ne pas annoncer clairement que la plupart des anomalies relevées n’ont rien de frauduleuses et convenir qu’elles sont simplement à associer à la complexité de gestion par les distributeurs des mentions d’origine ou aux sempiternels dysfonctionnements associés à la mise en œuvre de nouvelles dispositions réglementaires ? Mieux vaudrait pointer les cas de fraudes ou encore les causes des «non-conformités» les plus importantes et exonérer l’immense majorité des opérateurs d’une filière bonne élève.

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