Le syndicat des entreprises françaises des viandes

le 22 février 2019Rapport FranceAgriMer : Bilan de la filière bovine 2018

Accueil » Actualités » Rapport FranceAgriMer : Bilan de la filière bovine 2018

Le rapport publié en ce début d’année par FranceAgrimer permet de dresser un bilan de l’année 2018 pour la filière bovine. Il confirme les éléments conjoncturels déjà avancés au cours de l’année.

Pour la production, 2018 a été une année de forte décapitalisation à la fois du cheptel allaitant et laitier. L’enquête réalisée en mai avance le chiffre de 84 000 vaches allaitantes en moins en 2018 par rapport à 2017, soit une baisse de -2%. Pour le cheptel laitier, la baisse est de 43 000 vaches soit -1.2%. Pour FranceAgriMer cette décapitalisation est liée à la sécheresse subie en France, avec son incidence sur les stocks de fourrage.

Logiquement cette décapitalisation se traduit par des abattages en hausse, tant en têtes (+0.8%), qu’en tonnage (+1.6%). Derrière ce chiffre global se cache cependant une distinction nette entre les abattages de vaches en hausse importante (+34 000 têtes ; +2.1%) et les abattages de jeunes bovins, en recul (-11 600 têtes ; -1.2%). La baisse des abattages de JB s’explique par une chute très forte des abattages de JB laitiers (-13 500 têtes ; -10%) tandis que les abattages de JB croisés et viande restent en augmentation. Mécaniquement cette tendance divergente entre JB viandes et laitiers conduit à un alourdissement du poids moyen des JB abattus (+8.3kg ; +2%) : les tonnages de JB abattus sont en hausse (+3100 tec ; +0.8%) malgré une réduction du nombre de têtes abattues.

Au niveau du commerce extérieur, on notera que l’augmentation des exportations de viande bovine (+ 1,7 %, soit + 4 000 tec), n’a pas suffi à compenser les volumes importés (+ 11 000 tec). L’augmentation des exportations est uniquement portée par la viande fraiche (+2.6%). Le rapport souligne un point particulier concernant ces exportations : la forte hausse des expéditions de viande bovine vers la Belgique (+ 21,5 % soit + 3 600 tec) doit être nuancée car « une partie de ces viandes bovines correspond probablement à des bovins belges abattus sur le sol français, afin de profiter de règles plus souples concernant l’abattage rituel ». L’augmentation des volumes importés s’explique par l’augmentation des flux en provenance d’Allemagne, des Pays-Bas, d’Italie et de Pologne.

Enfin concernant la consommation, le rapport pointe, comme l’a fait Culture Viande tout au long de l’année, la divergence entre une consommation calculée par bilan qui est en hausse (+2.2%) et des achats des ménages en baisse selon le panel Kantar. Les deux dispositifs ne mesurant pas la même chose, l’explication la plus logique tient au fait que ce sont les achats de plats préparés et la consommation hors domicile, tous deux non mesurés par Kantar, qui sont en progression. Il apparait de plus en plus nécessaire de mesurer finement ces deux types de consommation pour plus de clarté.

Pour Culture Viande, cette mutation de la consommation doit également conduire à revoir l’équilibre économique de la filière. Les produits qui progressent sont largement concurrencés par les produits d’importation et souffrent de sous-valorisation. Il est donc plus qu’urgent que les viandes françaises trouvent une juste place dans la RHD et les plats cuisinés et que l’ensemble des produits élaborés soient réellement revalorisés.

Au registre des perspectives, tous les indicateurs prévus dans le rapport sont au rouge pour 2019 (cf tableau ci-contre). Il annonce en effet : une baisse des abattages de -3.5% soit l’équivalent de -45 000 tec, une baisse des exportations de -3.8%, une augmentation des importations de +4% et une baisse de la consommation calculée par bilan de -1.6%.

 

Extrait de L’ACTU, la lettre hebdo de Culture Viande n°8 du 22/02/19

Contact : François Cassignol, fcassignol@cultureviande.fr – Tél.: 01 53 02 40 04

17 place des Vins de France
75 012 Paris

01 53 02 40 04

01 43 47 31 41

courrier@cultureviande.fr

Besoin d'information ? Contactez-nous !